Concert 4

29 août 2026 - 20h30

H2 CENTRE DES CONGRÈS

Durée :

Tarifs :

1h40

Cat.1   45€/35€/15€

Cat.2  35€/25€/10€


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programme

Joseph Haydn (1732–1809)

Trio avec piano en sol majeur, Hob. XV:25 (1795)  15'


Louise Farrenc (1804–1875)

Quintette avec piano n° 1 en la mineur, op. 30 (1839)  30'


ENTRACTE


Johannes Brahms (1833–1897)

Trio avec piano n° 1 en si majeur, op. 8 (1854)  38'


Arturo Márquez (né en 1950)

Danzón n° 2, arrangement pour quintette à cordes et piano (1994)  10'

distribution

Liya Petrova,  violon

Aurélien Pascal,  violoncelle

Charlotte Saluste-Bridoux,  violon

Clémence de Forceville, violon

Shuichi Okada, violon

Grégoire Vecchioni, alto

Edgar Moreau, violoncelle

Victor Julien-Laferrière, violoncelle

Lorraine Campet, contrebasse

Théo Fouchenneret, piano

Adam Laloum,  piano

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note de programmation


Entre le salon viennois de la fin du XVIIIᵉ siècle et les rythmes populaires du Mexique contemporain, ce programme suit l’évolution d’une même idée : celle de la musique de chambre comme espace de rencontre, où les voix individuelles se répondent, se confrontent et s’unissent dans une conversation toujours renouvelée.


Lorsque Joseph Haydn compose son Trio avec piano en sol majeur Hob. XV:25 en 1795, il est déjà l’un des musiciens les plus célèbres d’Europe. De retour de ses triomphales tournées londoniennes, il porte le genre du trio avec piano à son accomplissement. Souvent surnommé « Trio tzigane » en raison de son célèbre finale Rondo all’Ongarese, l’ouvrage témoigne de cette curiosité qui pousse Haydn à intégrer dans son langage savant les couleurs et les rythmes populaires entendus au gré de ses voyages. Derrière l’élégance classique et la limpidité des formes, le compositeur cultive l’art de la surprise : ruptures de ton, jeux d’écho entre les instruments et énergie communicative animent une partition où l’esprit de divertissement se conjugue à une remarquable sophistication.

Quelques décennies plus tard, Louise Farrenc s’impose dans un paysage musical largement dominé par les hommes. 


Pianiste virtuose, pédagogue renommée au Conservatoire de Paris et compositrice admirée de ses contemporains, elle développe une œuvre chambriste d’une exceptionnelle qualité. Écrit en 1839, le Quintette avec piano n° 1 en la mineur op. 30 marque un tournant décisif dans son catalogue. L’influence de Beethoven et du premier romantisme allemand s’y fait sentir, mais la personnalité de Farrenc s’affirme avec une éloquence singulière. Le piano, loin de dominer l’ensemble, dialogue constamment avec les cordes dans une écriture dense et équilibrée. L’œuvre déploie une ample architecture dramatique, traversée d’élans passionnés, de raffinements contrapuntiques et d’une énergie qui ne se dément jamais. On y entend déjà la maturité d’une compositrice qui revendique pleinement sa place parmi les grandes figures du romantisme européen.


Le premier trio avec piano est également chez Brahms la première partition de musique de chambre. Son numéro d’opus en témoigne : il en esquissa les premières notes en arrivant chez les Schumann, en octobre 1853, l’année de ses vingt ans. Elle fut créée l’année suivante, mais Brahms la remania entièrement bien plus tard, en 1891. Sa juvénilité, sa franche allégresse, sa simplicité nordique contrastent avec l’intensité sombre et rigoureuse que l’on connaît des partitions postérieures. Quelques imperfections de forme, la plupart corrigées au soir de sa vie, trahissent surtout un appétit musical féroce : celui de composer jusqu’à ce que la source se tarisse.

Cette double temporalité – l’enthousiasme de la jeunesse et le regard rétrospectif de la maturité – confère à l’œuvre une place unique dans le catalogue brahmsien. Les vastes mélodies, les élans lyriques et les contrastes passionnés du premier mouvement côtoient la poésie nocturne du Scherzo et les accents héroïques du Finale. 

À travers cette partition se dessine déjà la voix d’un compositeur appelé à devenir l’un des héritiers les plus importants de la tradition germanique.


Le programme s’achève dans une tout autre lumière. Composé en 1994, le Danzón est devenu l’une des partitions orchestrales les plus populaires d’Amérique latine. Inspiré de la danse éponyme arrivée depuis Cuba au XIXᵉ siècle avant de devenir un symbole de la culture mexicaine, Márquez mêle raffinement d’écriture et vitalité populaire. Derrière l’élégance des lignes et le balancement caractéristique de la danse se déploie un irrésistible crescendo d’énergie collective. Dans cette version pour quintette à cordes et piano, la richesse des timbres et la souplesse du dialogue chambriste révèlent toute la finesse d’une musique qui célèbre à la fois la mémoire, le mouvement et le plaisir partagé de faire danser les sons. À l’image du festival. 


Constance Clara Guibert

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